TROISIÈME PARTIE
un coin, sans m'adressor la parole? Est-ce que tu me prends pour un meuble, par hasard?
Marcel leva les yeux sur lui, et le regarda fixement sans répondre. M. Jacquin était visiblement embarrassé, il reprit d'un ton encore plus brusque :
— Voilà tout ce que tu as h nie dire? Cette fois Marcel se décida à parler.
— Commandant, voulez-vous me rendre un grand service ?
— Petit ou grand, peu importe; lu sais bien que je suis h ta disposition, mon gars, et ce n'était pas la peine de prendre une figure de cérémonie jiour ça. Voyons : de quoi s'agit-il ?
— J'ai besoin d'argent.
— Besoin d'argent, (oi? Et pourquoi diable faire?
— 11 faut que j'aille à Paris.
— A Paris! En voilà bien d'une autre à présent. A Paris! c'est à Paris que tu veux aller?
— Oui, commandant.
~ Bon ! pourquoi n'iiais-lu pas aussi dans la lune? Ma parole d'honneur, ce garçon-là devient fou.
— Vous me rel'usez, commandant?
— Je ne dis pas cela, mon cher enfant; je suis loin de dire cela. Mais encore faut il tâcher de s'entendre. Qu'est-ce que tu irais faire à Paris?
Marcel montra sans répondre la lettre à M. Jacquin.
— Ah! je comprends, reprit celui-ci avec un geste de dépit. Au diahle les femmes! Si j'avais su cela, je ne te l'aurais pas donnée, cette maudite lettre. Elle ne contenait soi-disant que des regrets et des adieux. Des regrets et des adieux, je l'en moque ! La satanée rouée !
— Commandant î
— Mais cela ne lui servira à rien qu'à m'avoir mystifié. Elle ne t'en verra pas [)lus pour cela, à Paris, du moins. Si elle a absolument envie de le voir , je ne l'empê-