TROISIEME PARTIE
che pas de venir ici; mais, quant à prêter les mains à ton voyage, serviteur! Entends-tu ?
— J'entends, commandant, répondit le jeune homme avec un amer sourire. J'ai eu tort de compter sur votre amitié.
— Tort de compter sur mon amitié! Ce n'est pas vrai, sacrebleu! iMon argent, ma maison, ma personne, tout est à ton service , tu le sais bien , méchant garnement. Combien me demandes-tu? Cinq cents francs, mille francs peut-être? Eh bien! veux-tu parier que je prends deux mille francs en or, et que je les jette devant toi dans la mer? Le jour de ton mariage, je te donne la moitié de ma fortune. Mais te fournir les moyens de causer de la peine à ta famille, pas de ça, Lisette. J'ai fait assez de bêiises à propos de celte danmée amourette, je n'en veux plus faire. Tort de compter sur mon amitié! Mais c'est par amitié que je te refuse, et tu me remercieras un jour d'avoir empêché ce malencontreux voyage.
— Vous ne l'empêcherez pas.
— Comment cela?
— J'irai sans ari^ent.
— Et te rendre?
— J'irai h pied.
— A pied! au milieu de l'hiver! Tu ne sais donc pas qu'il y a cent quatre lieues d'ici à Paris?
— Qu'est-ce que cela me t'ait?
— Mais tu tomberas malade en route.
— Eh bien ! je tomberai malade.
— Et si tu meurs?
— On l'aura voulu.
M. Jacquin employa en vain tous les moyens pour détourner Marcel de son projet. Prières, remontrances, menaces, tout échoua devant l'obstination du jeune homme. Le vieux militaire se promena quelque temps en proie à une vive agitalion, secouant la tête, gesticulant par moment avec lorce, jurant enlre ses dents.
— Tant pis! s'écria-t-il enfin en se ras-