‹ Marcel (volume 2)Chapitre 94 sur 128 · TROISIÈME PARTIE. M · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. M

bien venir d'elle. La nouvelle de la visite faite par Marcel au Domaine vint augtnenter SCS soupçons, que la réclusion insolite de M. Jacquin changea en certitude. La journée s'avançait, et il n'y avait pas de temps à perdre pour arriver à un résultat avant la nuit. Le curé se rendit à la Maison-Fleurie, et trouva la famille réunie à table. Marcel ne mangeait pas et paraissait soucieux. Parfois une larme furtive se glissait jusqu'aux bords de ses paupières. Ces symptômes de tristesse, qui avaient disparu depuis quelque temps, confirmèrent par leur retour les appréhensions du curé. Il profita d'un moment où il se trouva seul avec Marcel pour l'interroger.

— Vous êtes allé aujourd'hui chez le commandant, lui dit-il en fixant sur lui un regard perçant : vous a-t-il parlé d'une lettre qu'il avait reçue de Paris?

— Non, répondit Marcel en pâlissant.

L'abbé Pascal vit qu'il ne pourrait rien en

tirer et n'insista pas; mais il avait lu dans II. 14

%H(i MARCEL.

la physionoiiïie altérée du jeune homme l'imminence d'une crise, et il s'en alla résolu à se tenir sur ses gardes et à n'épargner aucun oli'ort pour conjurer le danger. Aussitôt après son départ, Marcel annonça l'intention d'aller se reposer.

— Bonsoir, mon cher enfant, dit madame Hubert.

— Bonsoir, mon bon Marcel, dit Eugénie. ~ Bonsoir, bonsoir, répéta Marcel d'une

voix tremblante.

Et il commença à se retirer à pas lents.

— Eh bien ! tu ne nous embrasses pas ? dit madame Hubert.

— Ah ! si , ma mère, répondit-il.

H embrassa tour h tour sa tante et sa cousine plus tendrement et plus longuement qu'à l'ordinaire. Il ne pouvait s'arracher de leurs bras ; des soupirs entrecoupés s'échappaient de sa poitrine.

— Es- tu malade? esl-ce que tu souttres? lui dirent en même temps les deux femmes.

Il ne j)ut répondre que par un signe de

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