TROISIÈME PARTIE. Î
rêveries par larrivée do Grillon , qui avait précipitamment (juitté sa niche à sou passage. Le fidèle animal accompagna son maître sans aboyer une ibis, comme s'il eut compris la nécessité du silence. Il se disposait à le suivre hors du jardin; mais Marcel ne le lui permit pas et referma vivement la barrière : le pauvre chien colla sa tète aux barreaux et poussa un long et doux gémissem eut ; Marcel , attendri, passa la main à tiavers les barreaux et le caressa, i>uis, comme il ne se sentait plus maître de son émotion, il s'échappa en courant.
Il trouva M. Jacquin, qui l'attendait en se promenant dans son écurie, près des chevaux sellés et bridés.
— Bonjour, lui dit le vieux militaire en le voyant entrer : il n'y a rien de changé?
— Rien, répondit-il avec inquiétude, craignant quelque observation.
Mais le commandant ne lui en fit aucune ; i! avait pris au service l'habitude de ne jamais revenir sur une chose décidée.
in MARCEL.
Ils montèrent tous deux à cheval et se mirent en route.
En sortant du village pour aller h Saint- Servan, il faut passer par un chemin creux, au haut duquel est plantée une de ces grandes croix de carrefour si communes en Bretagne. Au pied de cette croix, nos voyageurs aperçurent une ombre noire qui se détachait sur la neige; en approchant davantage, ils distinguèrent un homme assis : bientôt cet homme se leva et vint à eux : c'était l'abbé Pascal.
— Nous voilà bien! dit entre ses dents M. Jacquin, aussi humilié qu'un enfant pris en flagrant délit par son précepteur : le diable m'emporte, si je sais que lui répondre!
Mais, loin de lui adresser la parole, comme il s'y attendait, le prêtre ne tourna pas même les yeux de son côté.
— Oii allez- Vous? dit-il d'un ton sévère à Marcel en arrêtant son cheval par la bride.
Le jeune homme baissa la tète en silence.
— Vous ne voulez pas me le dire? reprit