DEUXIEME PARTIE. 2U
que VOUS pourriez me montrer plus de confiance.
— Vous savez , mon cher commandant, qu'wn prêtre doit toujours garder le plus profond secret sur certains actes de son ministère.
— Aussi n'est-ce pas au curé que je m'adresse, maisà Pami. Il est évident que s'il s'agissait d'une chose révélée en confession, vous n'y auriez pas fait seulement une allusion. Pour tout ce que vous pouvez avoir appris par une autre voie sur des personnes qui m'intéressent, en ma qualité d'ami, autant que vous, j'ai bien , je crois, le droit de vous le demander. Voyons. Est-ce qu'il y a quelque chose de grave sur le compte de ces jeunes gens?
— Il faut bien que vous sachiez vous-même quelque chose pour leur avoir fait l'application de paroles aussi générales que les miennes.
— Ma foi! si je sais tout, c'est qu'il n'y a pas grand'chose.
— Tant mieux. •>
— Je ne dis pas qu'il n'y ait pas un peu d'amourette sous jeu. Il y en aurait dix fois plus que je ne verrais pas là de quoi fouetter un chat. Ils sont jeunes, ils s'amusent, ils font bien , parbleu!
— Je ne suis pas de votre avis.
— Ah ! voilà bien les prêtres ! Ils ne veulent rien permettre, ni rien comprendre. Si le bon Dieu voulait que tout le monde fût parfaitement sage, il fallait qu'il mît ici-bas des anges et non des hommes. La vertu à perpétuité, mon cher abbé, ce serait trèsennuyeux. Et puis, s'ils font mal, ils ont du temps devant eux pour s'en repentir. Laissez-les faire, allez ! cela leur passera bien vite.
— Peut-être.
— Peut-être? Vous ne connaissez pas cela, vous. Moi j'y ai passé, et, comme au feu, plus d'une fois. Vous le voyez, j'en suis revenu. L'amour c'est, comme les chapeaux roses, un déjeuner de soleil.