DEUXIÈME PARTIE
— Pas toujours. Cela dépend des iadividus et des circonstances.
— C'est possible. Mais, au fait et à tout prendre , qu'est-ce qui vous inquiète?
— Tout.
— Bah! Marcel...
— Est passionné.
— Vous croyez ?
— Je vous en réponds.
— Et la comtesse ?
— Est une femme dangereuse.
— Vous la connaissez donc?
— Je dis qu'elle est dangereuse pour lui, parce qu'elle est jeune, belle, spirituelle....
— Qui vous l'a dit?
— Vous-même , — et enfin peu scrupuleuse.
— Vous le supposez?
— D'après sa qualité de femme du monde.
— Tiens, tiens! je vois que vous n'avez pas meilleure opinion que moi de l'aristocratie. Eh bien ! quand cela serait vrai, que
pi3uC,il arriver de pis? Ce que j'ai déjà dit, un petit coup de canif dans la morale. .jj^.£!e,s|; déjà trop. Je ne lais pas, je ne peux pas faire aussi bon marché que vous d'une chose sacrée à mes yeux. Mais ce n'est pas tout.
— Qu'y a-t-il donc encore?
— Il y a que , si l'on ne met ordre à cette folle passion, si l'on ne coupe pas le mal dans la racine, Marcel, renonçant aux simples idées et aux saintes affections de son enfance , prendra en dégoût sa vie présente , se jettera en désespéré dans un avenir impossible , renversera tous les projets de bonheur qui reposent sur sa tête , remplira de larmes et peut-être de deuil cette maison où il a trouvé tant de soins , d'amour et de dévouement , et consommera d'un coup son malheur et celui de sa famille. Voilà, mon ami, ce que je voudrais éviter; voilà pourquoi j'ai fait entendre ce matin quelques sévères paroles, espérant que lui et cette femme, dont son sort dépend peut-être