DEUXIÈME PARTIE
Une heure après, Tabbé Pascal se rendit au Domaine , dont il trouva le propriétaire occupé à surveiller les préparatifs du festin. Le digne commandant avait à cœur que les choses fussent bien faites un jour où il fêtait à la fois le retour de son ami et la mémoire de son empereur. Il se hâta de donner ses derniers ordres, et recommanda surtout de la manière la plus pressante de soigner le rôti et la crème frite. Puis, prenant le bras du curé, il l'emmena dans le jardin. Après s*être assuré par un coup d'œil que personne ne pouvait les entendre :
— Ah ! çà, mon cher abbé, dit-il, quelle mouche vous avait piqué ce matin? Jamais je ne vous avais entendu prêcher de la sorte. Vous, ordinairement si tolérant, vous aviez Pair de vouloir damner tout le monde. Le diable m'emporte si vous ne ressembliez pas à l'archange Michel terrassant le dragon ! A qui en aviez-vous donc ?
— Mais à personne en particulier , mon cher commandant. J'ai voulu donner à tout
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le monde un averlissement salutaire. Jlien de plus.
— Peste ! coniiaoe vous y allez av^c vos aV'Crtissements salutaires ! Cela me rappelle le maître d'école qui m'a appris à lire. A la première faute ^ il commençait par nous donner uue épouvantable taloche, en nous prévenant qu'à la seconde il nous punirait.
Le curé ne put s'empêcher de sourire de la comparaison. Mais il ne répondit point.
— Moi 5 reprit M. Jacquin , j'aurais juré que vous aviez quelqu'un en vue; et, si je ne savais pas que c'est un gros péché de former des jugements téméraires, j'ajouterais que votre artillerie m'a paru spécialement braquée contre une jolie femme de ma connaissance et un joli garçon de mes amis.
— Je laisse le champ libre à vos interprétations.
— Il le iaut, pardieu ! bien. La Cliarte assure à tous les Français la liberté de conscience. Mais cela ne sniïit pas, et il semble