‹ MarcelChapitre 102 sur 155 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

déjà, ils y verraient un avertissement, et au besoin une remontrance.

— Vous m'étonnez. Je n'avais pas considéré un instant les choses sous ce point Je vue; mais il est possible que vous ayez raison.

Ils se promenèrent quelque temps ei^ silence, l'abbé triste et pensif, le commandant évidemment très-préoccupé.

— Décidément, reprit celui-ci au bout de quelques minutes, vous m'avez révolutionné , et je commence à m'effrayer de ce que j'avais d'abord traité comme uœ bagatelle.

L'abbé ne répondit pas.

— Diable! diable! diable ! fit M. Jacquin en ôtant et remettant alternativement sa casquette, et se grattant la tête à chaque fois; ce qui était chez lui un symptôme certain de perplexité.

Tout a coup il s'arrêta et arrêta en même

temps son compagnon^ en le saisissant par

le bras. Comme celui-ci le regardait avec \m

certain étonnement :

— Vive l'empereur! s'écHa-t-il, la France est sauvée. J'ai une idée.

— Quelle idée? dit le curé toujours sérieux.

— C'est mon secret , l'abbé. Moi aussi , quand je m en mêle, je sais montrer de la discrétion. Vous ne vouliez pas tout à l'heure vous déboutonner ; trouvez bon qu'à mon tour je me serre. Qu'il vous suffise de savoir que j'ai trouvé le moyen d'arranger tout pour le mieux , et cela avant qu'il soit long-temps.

— Vous savez , mon cher commandant , que je ne suis pas curieux. Cependant, je vous l'avoue, je désirerais vivement connaître votre projet. Je ne doute pas de votre bonne volonté ni de votre prudence, mais...

— Mais vous craignez que je fasse quelque bêtise. Grand merci. Ah! mon Dieu, ne vous excusez pas. Cela m'est égal. Je suis sûr de mon fait. Vous verrez le coup de temps , et vous serez le premier à re-

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