‹ MarcelChapitre 104 sur 155 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

chat a se disculper, heureux de se voir ainsi tourmenté. De la femme qu'on aime tout paraît charmant, hors l'indifférence. L'abbé suivait d'uti regard sérieu» tous ces petits manèges de coquetterie, sans que là comtesse, qui remarquait parfaitement l'attention dont ils étaieîît l'objet, daignât rien faire pour les masquer. Elle semblait prendre plaisir non-seulement a braver, mais encore à exciter le mécotitetitemerit de celui qu'elle regardait comme son ennemi. Le commandant lança au curé un coup d'œîl qui voulait dire : — Vous aviez raison ; mais un peu de patience, et vous verrez . — Puis il demanda le dessert. Le dessert apporté et dressé :

— Mes amis, dit-il, je vous demande la permission de porter un toast qui m'est cher; mais je ne vous invite pas à y répotidre, parce que je ne veux gêner la conscience de personne. A la mémoire de l'empereur!

Il prononça ces derniers mots avec une émotion difficilement contenue et resta

quelques secondes sans oser porter son verre à ses lèvres; mais bientôt, reprenant le dessus , il le vida d'un trait.

— Maintenant, reprit-il, je vous en propose un autre auquel tout le monde s'associera du cœur et des lèvres, même la sévère abbesse. Au bon retour et à la santé du curé !

Tout le monde leva à la fois son verre en signe d'assentiment.

— - On trinque, on trinque! dit M. Jacquin.

Tout le monde toucha de son verre celui du curé, à l'exception de la marquise, qui, trop éloignée, se contenta de lui faire un salut auquel il répondit avec une froide politesse. Pour la comtesse, elle lui avait tendu son verre comme les autres ; mais, soit hasard, soit parti pris, il n'en approcha pas le sien. Elle ne se tint pas pour battue, et continuant à garder la même position :

— Monsieur l'abbé , dit-elle avec son plus charmant sourire , vous m'avez oubliée.

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