‹ MarcelChapitre 107 sur 155 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

elles. Agathe, obligée de passer près de Marcel, l'effleura du coude. Il se retourna vivement.

— Pardon, monsieur! lui dit elle froidement, et elle continua son chemin. Cette politesse cérémonieuse blessa le pauvre jeune homme jusqu'au fond du cœur.

— Ah! je suis perdu, se dit-il avec désespoir, elle ne m'aime plus.

Et, s'enfonçant sous une allée sombre, il se mit à pleurer.

Le reste de la société fit en commun quelques tours de jardin , pendant lesquels la conversation fut insignifiante, chacun évitant dé rien dire qui eût rapport à sa véritable pensée. Agathe prit peu à peu les devants, et finit par disparaître derrière un massif. Personne ne chercha à troubler la solitude qu'elle semblait chercher. Madame Hubert, sa fille et la marquise continuèrent à se promener ensemble. Le commandant, qui les suivait à quelques pas de distance avec le curé, entraîna tout à coup celui-ci dans une

m MARCEL.

allée transversale. Après avoir lait quelques paSj pour n'être pas entendu :

— Eh bien! dit-il en s'arrêtai.t devaiit le curé, l^s bras croisés triomphalement j que pensez-vous de ma manœuvre?

Au lieu de répondre, l'abbé Pascal lui fit signe de garder le silence ; et, comme M. Jacquin semblait s'en étonner , il lui montra à travers les branches Marcel et Agathe , qui s'avançaient à la rencontre l'un de l'autre. Arrivé presque en face d'elle, le jeune homme s'arrêta, espérant qu'elle allait s'arrêter aussi; mais elle continua son chemin, sans paraître l'avoir vu. ,,1

. tf Agathe ! s'écria-t-il alors d'une voix suppliante.

— Que me voulez-vous, monsieur? répondit-elle avec le plus grand sang-froid en s'arrétant.

— Oh ! vous êtes cruelle !

— Cruelje, moi ! à quel propos?

— Pourquoi cette froideur? Pourquoi cette indifférence qui me tue? Que vous ai-je fait?

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