DEUXIÈME PARTIE
Au bout d une demi-heure la comtesse lui répondit qu'elle l'attendait. Il fut stupéfait et presque effrayé de ce résultat inattendu.
— Quelle audace ! s'écria-t-il, en relisant une seconde fois la lettre ; mais il n'y a pas à reculer maintenant ; je suis doublement engagé vis-à-vis d'elle et de ma conscience. Allons !
11 se rendit au château. Le valet de chambre l'attendait pour l'introduire. Arrivé à la porte du salon :
— Qui aurai-je l'honneur d'annoncer à madame la comtesse? demanda-t-il. Monsieur l'abbé Pascal, je crois?
— Annoncez le curé.
— Monsieur le curé, dit le domestique en ouvrant la porte qu'il referma quand le prêtre fut entré.
La comtesse avait fait une charmante toilette. Elle était à demi renversée sur une causeuse. Elle se leva, fil un sakit tout gracieux , et se rassit ou plutôt se recoucha en disant :
m ''^ ' MARCEL.
— Bonjour, monsieur l'abbé, veuillez, je vous prie , vous asseoir.
L'abbé s'assit en silence dans le fauteuil qu'elle lui montrait.
— Vous m'avez fait, reprit -elle, l'honneur de me demander un entretien. Je me suis empressée de me mettre à vos ordres. Que désirez -vous?
Ces quelques mots furent dits avec une aisance qui confondit l'abbé. Il ne laissa cependant rien paraître de son émotion, et répondit d'un ton calme :
— Madame, le titre sous lequel je me suis annoncé a dû vous faire comprendre que je ne venais ici que pour accomplir un devoir.
— De quoi s'agit-il , monsieur l'abbé? Je vous écoute.
— Madame, je porte le plus grand intérêt à la famille Hubert. Comme ami et comme pasteur, je dois veiller à la tranquillité et au bonheur de chacun de ses membres.