‹ MarcelChapitre 111 sur 155 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Leur tranquillité, leur bonheur à tous sopt en ce moment gravement compromis.

— Ahl

— Oui, madame. J.a mèrje a pl^cé toute sa vie dans ses deux enfants; la j,eune fille éprouve pour le jeui^e homme uin amour profond. Je ne crains pas de le dire, puisque ce sentiment n'a, comme vous le savez, madame, rien que de légitime. Si cet amour était contrarié, mécpnnu, payé d'ingrati-r tude, la jeune flll^ eï\ jiciourrait,

— Pour cela, monsieur l'abbé, permettezmoi de vous dire que vous exagérez le danger. On ne meurt pas d'aniour.

Le prêtre fut pris d un mouvement de rage, mais il se contint et continua :

:— Libre à vou^, fpadame, de ne pas le croire. Moi, je le crois. Toujours est- il que si Marcel ne répondait pas à son affection, Eugénie souffrirait horriblement. Or, il y a dans le cœur de sa mère comme un écho du sien. Pas un coup ne frappera l'un sans avoir son retentissement dans l'autre. Tout

%iQ MARCEL.

ravenir de cette famille est donc entre vos mains.

— Comment cela?

— Marcel vous aime.

— Vous croyez ?

A chaque parole ^ à chaque geste de la comtesse, Fabbé Pascal, saisi d'indignation, était près d'éclater. Cette dernière question faiUit le mettre hors de lui. Mais il pensa qu'il était venu là pour faire œuvre de charité, non de colère ou même de justice, et prit la ferme résolution de garder son sangfroid jusqu'au bout, quoi qu'il pût arriver. Il répondit donc tranquillement :

— J'en suis sûr.

— Il vous l'a dit ?

— Non, madame, mais je Tai entendu,

— Quand ?

— Hier.

— Hier , fit la comtesse en se soulevant vivement et en fixant sur l'abbé un regard scrutateur. Hier? Et puis-je vous demander où?

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