DEUXIÈME PARTIE
ludé hier par une publique déclaration de guerre.
— Vous n'avez pas voulu, continua l'abbé, écouter hier la voix de la religion; vous ne voulez aujourd'hui écouter ni la voix du devoir ni celle de la raison. Que votre obstination, que votre folie retombent sur votre tête ! J'accomplirai tous les devoirs de mon ministère. Je suis décidé à tout faire pour sauver la famille dont vous menacez le repos, pour vous arracher la nouvelle victime que vous poursuivez de vos infernales séductions. J'ai épuisé tous les moyens de la douceur; puisqu'il le faut, j'en emploierai d'autres. Vous me forcez à sévir, je sévirai.
— Vous ne comptez, je le suppose, vous servir contre moi ni du poignard ni du bâton. Que pouvez- vous donc me faire?
— Je vous démasquerai.
— C'est-à-dire que , violant vous-même les lois de cette religion que vous êtes chargé d'enseigner et de faire pratiquer aux
M« MARCKL.
antres, vous allez entreprendre contre moi une guerre de calomnie ?
— La vérité nie suffira, madame.
— Que pourrez-vous dire?
— D'abord ce que je viens d'entendre.
— C'est bien user de la confiance qtr'on vous témoigtte.
-^ En commençant èette conversation , nous ne nous sommes ni demandé ni promis le secret.
— Et ensuite?
— Ensuite, s'il le faut, je raconterai le passé.
— Tout entier?
— Tout entier.
— Au risque de vous compromettre vousmême?
— Fort de ma conscience, j^ ne rectilerai devant rien , et j'accepte d'avance avec résignation, avec joie, toutes les souff^rances qui pourront résulter pour moi de ma franchise. J'atténuerai peut-être mes fautes