‹ MarcelChapitre 120 sur 155 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

sieur le curé, répondit Marcel avec embar ras; mais...

Il n'osa pas achever.

— Mais, reprit l'abbé Pascal, vous alliez chez madame la comtesse de Barjols, n'estce pas? Eh bien ! c'est justement à cause de cela que je vous prie de m'accompagner. Il faut absolument ^que je vous parle avant que vous la voyiez.

Marcel était trop habitué à obéir au curé pour résister à une demande aussi formelle. Il ne répliqua donc pas, et suivit le prêtre, q^ui se dirigeait à grands pas vers le presbytère. Ils franchirent tous deux en silence la courte distance qui les en séparait. Quand ils furent arrivés :

— Entrez dans la salle, dit le curé à Marcel en le faisant passer devant lui, et attendez-moi un instant. Je vais donner des ordres pour qu'on ne nous dérange pas.

Et il s'en alla vers la cuisine, où se tenait habituellement sa vieillever goii

nariic, pentlanl que Marcel entrait dans la

C'était une grande pièce qui servait à la fois au curé d'antichambre, de salon et de salle à manger. Les murs, complètement nus, étaient lézardés en maint endroit et presque partout tachés par l'humidité. De grandes solives, rudement équarries et jointes entre elles par des planches qu'avaient brunies le temps et la fumée, formaient le plafond. Le sol était recouvert par des carreaux de terre glaise gris et ternes, la plupart fêlés et malsonnants. Les fenêtres, éclairées par de petites vitres verdâtres, n'avaient pas de rideaux. Tout l'ameublement se composait d'une table de sapin, de six chaises de paille et d'une grande bibliothèque en vieux chêne sculpté, débris de quelque habitation patrimoniale des environs, probablement apporté là par le naufrage d'une grande fortune.

L'aspect de cette salle parut au jeune honuue plus froid et plus sévère encore qu'à

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