‹ MarcelChapitre 124 sur 155 · DEUXIÈME PARTIE. «Î · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. «Î

— Pas plus qu'elle, répondit le curé d'un ton péremptoire.

Et comme son interlocuteur le regardait d'un air étonné :

— Non 5 poursuivit-il, et je dirai même moins qu'elle. Il y a une sorte de libeilié qui ressort de la précision même des engagements; c'est celle là que madame de Barjols a de plus que vous. On peut quelquefois , sans forfaire à l'honneur, désobéir à la loi, mais jamais manquer à sa parole.

— Ma parole n'est pas engagée, répliqua Marcel, devinant où le prêtre voulait en venir.

— Il y a quelque chose de plus important, de plus sacré que votre parole d'engagé ; c'est votre conscience. Vous n'avez pas, je Tespère, oublié tout ce que madame Hubert a fait pour vous. Rien ne l'obligeait, elle, à se faire votre mère, ni la loi, ni sa parole ^ ni même sa conscience; et vous savez cependantsi pendant vingt années elle a mis une différence entre vous et sa fille, si elle

ne vous a pas donné, comme à elle, la moitié de son cœur et de sa vie.

— Ma mère! s'écria le jeune homme, les larmes aux yeux; oh! vous savez comment je l'aime, ma mère!

— Eh bien! voulez-vous lui prouver votre l'econnaissance?

— Le pourrais-je jamais?

— Vous le pouvez bien facilement , en faisant le bonheur de sa fille et le vôtre.

— Le bonheur d'Eugénie et le mien? balbutia Marceî, qui craignait de comprendre.

— Une indiscrétion de M. Jacquin, causée du reste par les pUis louables intentions, vous a appris hier la vérité. Madame Hubert veut vous marier avec Eugénie.

— Elle ne m'en a jamais dit un mot.

— Elle a eu raison . Vous étiez trop jeune. Vous n'en auriez même rien su avant une année si la marche des événements n'eût rendu cette révélation nécessaire. Mais moi je sais depuis long-temps que ce projet a été le désir, le rêve, le but de toute son

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