‹ MarcelChapitre 125 sur 155 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

existence. En le réalisant, vous la rendrez la plus heureuse des mères. Et vous êtes doublement favorisé de pouvoir acquitter une pareille dette par un pareil moyen. Je n'ai pas besoin de vous faire l'éloge de votre cousine ; vous la connaissez aussi bien que moi, et vous savez que c'est un ange sous la forme d'une femme.

Marcel ne trouvait rien à répondre. La reconnaissance luttait avec la passion. L'abbé vit le combat qui se livrait dans le cœur du jeune homme, et essaya par un nouvel effort de décider la victoire.

— Vous ne pouvez balancer, Marcel , reprit-il; tout vous fait un devoir de consentir à l'union dont je vous parle ; car, en vous y refusant, vous briseriez toutes les espérances, tout l'avenir, tout le bonheur de votre mère et de votre cousine.

— De ma cousine?

— Elle vous aime.

— Eugénie î

Marcel s'arrêta, frappé ce cette révéla-

m MARCEL.

tion comme d'un coup de foudre. Quelques minutes s'écoulèrent en silence. Enfin, il se leva; et, se promenant à grands pas dans \» chambre :

— Eugénie! reprit-il, Eugénie m' aimer!

Elle! Non, vous vous trompez, monsieur Ife curé : c'est impossible. Elle ne m'aime pas; je n'ai jamais pensé qu'elle pût m'aimer.

— Elle vous aime, répondit l'abbé, autant que...

Il allait dire : — autant que vous aimez madame de Barjols; — mais il sentit à temps l'imprudence de cette parole , et acheva ainsi sa phrase :

— Autant que l'on peut aimer ici-bas.

— Oh ! quel malheur ! quel maheur ! s*écria Marcel en continuant a marcher avec agitation, mon Dieu, quel malheur !

Puis, tout à coup, il s'arrêta en face du curé, et lui dit d'un ton désespéré :

— Mais que voulez -vous que je fasse à cela? je ne l'aime pas, moi.

— Ah! Marcel, répliqua l'abbé avec un

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