DEUXIÈME PARTIE
der de tons ses moyens dans l'accomplissement d'mie vocation, si j'en avais une. La gravité naturelle de mon caractère me portait aux études sérieuses. Je répondis sans hésiter que je désirais être médecin, si cela était possible. Ma mère me remercia de la promptitude de ma décision, et se félicita (]e mon choix. L'état que je voulais embrasser, disait-elle^ était honorable et pouvait devenir lucratif. Il lui donnait pour moi l'espoir d'une belle existence. Il avait de plus a ses yeux l'inappréciable avantage de ne pas nous séparer pour long-temps. Je pourrais venir passer mes vacances auprès d'elle 5 tant que dureraient mes études, et, quand elles seraient finies, m'établir dans la ville qu'elle habitait ou l'emmener dans telle autre où je croirais devoir m'établir. Si, au contraire, j'eusse choisi un état qui m'eût forcé à de fréquents déplacements, que sa pauvreté l'eût empêchée de suivre; si je me fusse fait , par exemple , militaire ou marin, elle n'aurait certainement pas cher-
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ché à lUC détourner de ma vocation, mais le chagrin qu'elle eut ressenti de mon absence aurait probablement abrégé sa vie. Elleappbudissait donc de tout son cœur à ma résolution, et formait des vœux ardents pour sa réalisation. Elle allait prendre les renseignements les pins exacts, et me dire le plus tôt possible si le peu d'argent qui iui restait suffirait à me donner, pendant le temps nécessaire 5 les moyens de travail , et à touj^ d'eux les moyens d'existence.
Le jour même, elle se rendit chez le médecin de la ville. C'était un excellent homme, qui professait pour ma mère une profonde estime et une vive amitié. Il approuva fort mon dessein , donnant à entendre que je pourrais arriver par la suite à lui succéder. Il était très-habile dans son art, et jouissait d'une telle confiance, qu'il eût été très-difficile^ pour ne pas dire impossible, de le supplanter. C'était donc une belleespérance qu'il doniiail à ma mère en promettant de s'intéresser à mon avenir. Il lui fournit de plus