DEUXIÈME PARTIE. m
grets, et je tournais des regards désolés vers cet avenir qui m'échappait. Mais enfin Taffection et le devoir finissaient par triompher de l'égoïsme; étouffant les plaintes de njies passions , renfonçant les larmes de désespoir qui roulaient dans mes yeux, je me renaettais à la tâche, triste, mais persévérant et résigné.
L'époque des vacances m'apportait une douce récompense de mes efforts. Je partais à pied, le sac sur le dos, pour la maison maternelle. Avec quelle ardeur je m'élançais sur la route qui devait me conduire vers Tunique et sacré objet de mes affections ! Avec quelle joie je m'éloignais de cette ville qui ne m'offrait dans son tumultueux désert que des tentations, des luttes et des regrets ! Je marchais, j'avançais, alerte et dispos, léger d'esprit, le cœur plein d'espérance, me riant de la poussière et du soleil, insensible à la fatigue, impatient seulement de la longueur du chemin et de la lenteur de ma marche, prenant à peine le temps de me
reposer. Qu'il me paraissait beau le malin de ma dernière étape! J'approchais enfin. Je voyais s'enfuir derrière moi les bornes qui marquaient la distance de séparation; je reconnaissais tous les lieux où je passais; je calculais le nombre des habitations qui me restaient à franchir avant d'arriver à la nôtre; je souriais aux arbres et aux buissons du chemin , comme h des amis ; puis enfin, enfin je saluais le toit où reposait ma mère. Alors, oubliant ma lassitude, je précipitais ma marche ; j'arrivais , je poussais la porte ; j'étais aux genoux de ma mère. — Mon cher enfant! s'écriail-elle d'une voix tremblante. — Elle prenait ma tête dans ses mains et la serrait longuement sur son cœur; moi je baisais ses vêtements, et nous échangions de bonnes larmes.
Oh ! que j'étais heureux alors ! Ma pauvre mère ! je la vois encore avec ses cheveux blancs...
L'émotion coupa la parole au prêtre. Son visage était inondé de pleurs. Il y avait