DEUXIÈME PARTIE
ciiier dans toutes ics parties ue la création les élans de sa force, les profondeurs de sa science et les illuminations de sa splendeur, elle a mis en réserve pour un travail surprême tous ses trésors de finesse et de grâce. L'architecte qui construit un temple, après avoir assis dans les entrailles de la terre ses bases inébranlables, après avoir allongé sa nef, étendu ses ailes , dressé ses colonnes et jeté aux orages le victorieux défi de ses coupoles, heureux d'avoir tracé avec le granit rimpérissable dessin de sa pensée, se récompense lui-même dans son ouvrage en couronnant le front de l'édifice d'une broderie de sculptures, et fait jaillir à la fois de son ciseau l'expression de sa joie et le témoignage définitif de son génie. Ainsi Dieu semble , après avoir élevé à sa puissance le monument du monde, avoir créé les fleurs pour son plaisir, et s'être délassé, dans une œuvre brillante et légère, de la fatigue de son grand œuvre. Il les a semées sur la terre, comme les étoiles dans
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le cin!, |K)ur on être rornoniont. Il a lait ëclore dans une variété infinie, sous les fécondes fantaisies de son imagination toutepuissante, et l'élégance de leurs formes, et l'éclat de leurs couleurs, et la suavité de leurs parfums. Il a, en se jouant, épuisé dans leur composition toutes les combinaisons de la beauté. Et là ne s'est pas arrêtée, pour les objets de sa prédilection, la munificence du souverain artiste. Épris de ses chefs-d'œuvre, comme le statuaire antique, il a voulu leur donner une âme; non cette âme de l'homme, éternelle et responsable, sujette à toutes les faiblesses, exposée à tous les troubles, et qui tire sa grandeur de ses misères mêmes; mais une âme inhérente à leur essence passagère , inaltérable dans sa candeur, regagnant en pureté ce qu'elle perd en durée, et ne pouvant se flétrir qu'en périssant. Les fleurs sympathisent avec la nature entière. Elles s'associent par la plénitude de leur épanouissement aux joies luxuriantes de l'été;