‹ MarcelChapitre 14 sur 155 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

ensemble 5 plongés dans un doux recueillement , ils suivaient des yeux la marche rêveuse des nuages ou le déclin du soleil, qui, après avoir mêlé la pluie étincelante de ses rayons à l'écume poudreuse des vagues , allait s'éteindre dans le sombre azur de l'Océan.

Pendant les chaudes journées de l'été, on allait se baigner dans la baie ou sur la plage, suivant que la mer était haute ou basse. Le corps couvert d'un vêtement de laine , les bras et les jambes nus, les deux jeunes gens, toujours escortés de Griffon, s'élançaient ensemble dans l'eau , qu'ils faisaient, en courant, jaillir sous leurs pieds, et se mettaient à nager , tantôt voguant côte à côte, tantôt s'éloignant l'un de l'autre, se rejoignant , s'évitant, se poursuivant comme des oiseaux de mer. Ils revenaient ensuite au bord avec lenteur , s'arrêtant, plongeant une dernière fois, puis une autre, couraient les pieds nus sur le sable uni de la grève, et se séchaient au soleil en ramassant des co-

quillagcs , pendant que Griffon secouait ses oreilles et léchait ses pattes.

Il y avait aussi des parties de pêche. Marcel organisait son bateau, hissait la voile, si le vent était favorable, ou ramait, s'il était contraire ou trop faible. Arrivé à la distance voulue, il jetait les lignes ou les filets, se faisant aider par ses deux compagnes pour retirer le poisson. Puis l'on retournait dîner à la maison , où Marcel , quand la pêche avait été bonne , rentrait le premier pour recevoir les compliments d'Ivon, le jardinier, et savourer l'admiration de Perrine, la ménagère ; le dernier , quand l'entreprise avait mal réussi, pour éviter les doléances de l'une et les consolations sarcastiques de l'autre.

Les soirées se passaient dans un petit salon donnant sur le jardin. Assis, l'été; près des fenêtres ouvertes, on respirait le parfum des fleurs ou les fraîches émanations de la brise; l'hiver, on se groupait autour de la grande cheminée où brûlaient pêle-mêle de

Page 1