‹ MarcelChapitre 142 sur 155 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

pais-je espérer que vous daignerez accepter le traité de paix que je vous propose?

— Je vous donnerais , monsieur, en le refusant, une trop mauvaise opinion de mon caractère.

— Ainsi, c'est convenu?

-qElle me répondit par \ime inclination de tête.

-— Merci , lui dis-je plein de joie.

-i Et, lui offrant la plus magnifique de mes roses :

— Celle-ci vous convient-elle ?

— C'est une merveille, dit-elle en la considérant avec admiration. Et quel délicieux parfum! Vous êtes heureux, monsieur, de posséder de pareilles fleurs, et moi je vou& suis bien reconnaissante de m'en faire si généreusement part. A demain, puisque vous le permettez.

— A demain, répondis-je, n'osant pas, malgré l'envie que j'en avais, la retenir davantage.

Elle me fit un salut gracieux et repartit

an galop. Je la suivis des yeux jusqu'à ce qu'elle eût disparu à l'augle du chemin. Je me promenai long-lemps dans le jardin, livré à un trouble inexprimable^ Toute l'inquiétude de mes anciens désirs venait de se réveiller. Il me semblait que mes rêves avaient pris un corps, et venaient de m apparaître réalisés sous la forme charmante de celte jeune fdle.

En rentrant à la maison, je fis part à ma mère de cette entrevue, mais sans lui rien dire de l'agi lalion qu'elle avait excitée en moi. Ma mcre in'é(o nta sérieusement et ne me répondit pas m; inot. Etonné de son silence, je lai demandai si j'avais fait quelque chose qui pût lui déplaire.

— Non, mon cher enfant, me répondit-elle avec une douce tristesse ; quand même j'aurais encore îe droit de censurer ta conduite, je ne pourrais, en cette circonstance, t'adresser aucun reproche : tu as agi en homme bien élevé. Mais je me sens obsédée de je ne sais quel fâcheux pressentiment : j'aime-

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