DEUXIÈME PARTIE
Mais ma siliiatiou ne tarda pas a chaii-
li venait d'arriver dans la viiie un de ces jennes médecins que ia trop grande concurrence de Paris envoie chercher fortune en province. Il passait pour un homme habile et studieux, et pouvait devenir quelque jour un rival redoutable pour moi. Ce fut du moins l'opinion du vieux praticien auquel il alla rendre visite, et qui, tout en lui faisant bon accueil, ne lui cacha pas l'intérêt qu'il me portait. Le digne homme en donna même aussitôt une nouvelle preuve, plus grande que toutes les autres. Il avait une fille de dix-sept ans à peu près, agréable sans être belle, sensée sans être spirituelle, et douée d'un bon cœur et d'un excellent caractère. Il dit à ma mère qu'il voulait la marier, et la marier, autant que faire se pourrait, à un médecin. Cela pour deux raisons : d'abord, il eût été heureux de donner sa fille à un homme exerçant une profession qu'il aimait, qu'il honorait entre
toutes, ot à laquelle il devait tout ; ensuite, la modicité de sa fortune ne lui permettant pas de disposer d'une forte somme, il suppléerait à rinsuffisance de la dot en cédant à son fî^endre toute sa clientelle. Ma mère savait l'estime qu'il faisait d'elle et de moi. Sa fille avait de l'affection pour moi. Il espérait que mes dispositions ne seraient pas moins bonnes, et venait, en conséquence, nous proposer une alliance qui devait être, selon lui, également heureuse pour les deux jeunes gens, également profitable pour les deux familles. Ma mère lui répondit qu'elle était profondément reconnaissante de l'offre si avantageuse qu'il avait bien voulu nous faire ; elle ne voulait pas s'engager pour moi avant de m'avoir consulté, mais elle ne doutait pas que je n'acceptasse avec empressement.
Dès que je rentrai, ma mère me fit part des intentions de notre ami et de ses propres espérances. Elle me dit qu'elle verrait avec bonheur s'accomplir une union qui as-