DEUXIÈME ^ART1E
nous manquaient pour changer ainsi de séjour à volonté.
— N'evSt~ce que cela? me dit-elle avec joie. Alors, bannissez tout chagrin, toute inquiétude. Mon père me donne tout l'argent que je veux , et je serai heureuse de mettre à voire disposition ce dont vous aurez besoin «
La fierté de mon caractère et la pudeur de mon affection me défendaient également d'accepter cette offre. Je refusai. Elle s'étonna , et s'irrita presque de mon refus. Et, comme je persistais :
— Alors , reprit-elle , c'est que vous ne m'aimez pas.
— Moi, répliquai-je avec chaleur, moi ne pas vous aimer !
— Si vous m'aimiez, vous n'agiriez pas àe ta sorte. Pourquoi l'injure de ce refus? Quelle défiance vous arrête? Doutez-vous de ma délicatesse? Me cToyez-vous capable de vo^us reprocher jamais ce léger service que j'aurai ^u le bonheur de vous rendre,
OU plutôt de nous rendre à tous deux ? car c'est autant pour moi que pour vous. On ne peut supposer une bassesse dans i'êlre qu'on aime. Alors, comment justifier votre obstination? Entre gens qui s'aiment, est-ce que tout ne doit pas être commun? Croyezvous que moi j'hésiterais à votre place? Au contraire, je serais heureuse et fiëre de vous devoir, non pas quelque chose, mais tout. Est-ce parce que vous êtes un homme, et que je suis une femme ? La belle raison 1 Il y a donc de l'orgueil dans votre amour, et vous laites vis-à-vis de moi des réserves de supériorité. Qu'est-ce que cela? De quel droit l'homme imposerait-il à la femme le despotisme de sa protection, sans vouloir jamais accepter l'égalité du bienfait?
Elie continua long-temps de la sorte, employant, pour me vaincre, les raisonnements les plus spécieux et les plus ingénieux arguments, parlant tour-à~tour à mon esprit et à mon cœur, faisant appel à toutes mes passions, bonnes ou mauvaises. Je