PREMIÈRE PARTIE
rapporté de Tarmée l'habitude des sobriquets, et surnommait Eugénie TAbbesse, comme il avait surnommé Marcel l'Officier. Chacun prenait à merveille les plaisanteries du bon vieux soldat, et tout allait le mieux du monde dans cette petite société, quand un incident, en apparence insignifiant, vint changer le cours jusque-là si paisible de ses destinées.
Vers la fin d'une journée d'élë, les cinq amis se trouvaient rassemblés dans le salon de la Maison -Fleurie. Le soleil n'était pas encore couché-, mais un épais rideau de nuages , étendu sur le ciel , répandait dans l'atmosphère une demi-obscurité , interrompue seulement çà et là par quelques lueurs blafardes. L'air était chaud et lourd. De temps en temps, à intervalles inégaux, des rafales, parties du Sud, venaient expirer pesamment dans les arbres du jardin, qui frémissaient pendant quelques secondes , pourretomber bientôt après dans le silence et