PREMIÈRE PARTIE
drait avoir l'honneur de parler à monsieur le maire.
— Ah ! ah ! et que me veut-elle , ta maîtresse?
— Elle aura l'honneur de le dire ellemême à monsieur le maire.
— Où est-elle?
— Dans sa voiture , devant la porte de monsieur le maire.
— Eh bien ! va lui dire de ma part qu elle y reste, si cela lui fait plaisir. Je ne rentrerai que dans deux heures.
Et le commandant tourna le dos au domestique. Celui-ci, tout à fait décontenancé, reprit avec hésitation :
-— Mais^ monsieur, c'est que madame
est madame la comtesse de Barjols.
— Eh bien ! répondit îe commandant avec brusquerie en se retournant, quand ce serait la marquise deCarabas, qu'est-ce que cela me fait?
Le domestique ne savait plus que dire
^^ marcIrl.
et restait là interloqué, les yeux baissés vers le parquet, tourna- it sa casquette entre ^doigts, ne se décidant ni à parler, ni à s'en aller.
Madame Hubert eut pitié de son embarras, et, prenant à partie vieux militaire, elle lui dit tout bas :
— Mon cher monsieur Jacquiu, allez-y, je vous en prie. Cette dame. a probablement à vous, parler de. choses importantes, et elle n'est pas responsable de la sottise de son domestique.
— Du moment où vous paraissez le désirer, madame, répondit tout haut le commandant, c'est une aiitre affaire. Je vais aller trouver ta maîtresse, continua- t-il en s'adréssant au domestique , parce que cela fait plaisir à madame Hubert, entends-ta ?.. . Marche devant , je le suis.
11 rechargea sa pipe avec la plus grande tranquillité, et, après' l'avoir allumée, suivit le domestique, qui avait déjà repris le chemin du Domaine.