‹ MarcelChapitre 24 sur 155 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

L'attention générale, jusqu'alors concentrée sur la scène qui venait de se passer , se reporta alors vers un autre objet. On remarqua que l'abbé avait disparu du salon. On le chercha dans le jardin. Eugénie, ayant aperçu sa robe noire à travers les jours 4'une charmiUe, courut vers lui. Elle le trouva affaissé plutôt qu'assis sur un banc, pâle comme un mort et agité d'un tremblement convulsif.

— Vous souffrez, monsieur le curé? lui dit-elle vivement en lui prenant la main.

— Merci, mou enfant, répondit-il simplement, c'est passé. Donnez-moi votre bras pour retourner au salon et ne dites rien.

Il s'était établi entre Eugénie et l'abbé Pascal une sorte dlntelligence naturelle, et ils n'avaient pas besoin de se parler pour s'entendre. Elle prit son bras sans lui répondre un mot, et, soutenant sa marche tremblante, le conduisit au salon, où elle le fit asseoir a une table d'échecs. Elle se

Uni i|uclqiic temps «h^bont à colé do lui, le regardant avec un respectueux attendrissement; puis, voyant rentrer Marcel avec sa mère , elle s'assit à son tour et dit gaiement :

— J'ai retrouvé M. le curé, qui s'était échappé, et, pour sa peine, je le force à me donner une leçon d'échecs.

L'abbé , à qui elle évitait ainsi l'embarras d'une explication , se calma peu à peu et finit par se remettre assez bien pour avoir l'air de jouer sérieusement une partie qu'il avait commencée au hasard .

La nuit était tout à fait tombée quand le commandant revint et raconta le résultat de son excursion.

En arrivant à la grille du Domaine, il avait aperçu deux dames qui se promenaient à côté d'une calèche attelée de quatre chevaux de poste. L'une était une petite vieille encore fraîche et toute ronde ; elle avait l'air endormi et béat d'un chat qui digère de la crème. L'autre éblouit

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