‹ MarcelChapitre 27 sur 155 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Il leur traça de la comtesse un portrait magnifique et donna libre carrière k son enthousiasme. C'était la plus ravissante et la plus aimable personne qu'il eût rencontrée de sa vie, disait-il, tout à fait bonne enfant et pas du tout bégueule, quoique noble» Il était heureux et fier de l'avoir décidée à rester dans le pays; car, d'après l'idée qu'il lui en avait donnée, elle venait d'envoyer chercher des ouvriers à Rennes pour meubler immédiatement une aile du château; Lui et ses amis allaient y gagner une société charmante, et les pauvres dé la commune une bienfaitrice. Voilà un billet de cinq cents francs qu'elle vient de me donner pour eux. — Veuillez , m'a-t-elle dit en me le présentant, veuillez remettre cela à M. le curé, pour qu'il en fasse des aumônes. Ne pouvant vous offrir le prix de votre hospitalité, il est juste que Je le paye aux pauvres. — Hein ! quelle délicatesse ! quelle modestie ! Donner à un bienfait ïâ tournure d'une dette, pour s'en ôter le mérite ! ]\ïoi

j'ai pris et j'ai remercié au nom de l'abbé Pascal. Et alors nous avons joliment causé de vous, allez, l'abbé. En entendant votre nom, elle a paru étonnée et comme saisie; puis elle m'a demandé votre âge, votre signalement, et depuis quand vous étiez ici, et dans quel pays vous étiez né, et je ne sais plus quoi encore, un tas de choses. Enfin, j'avais l'air d'un voyageur interrogé par un gendarme. J'ai dit tout ce que je savais, et je n'en sais pas long sur vous, que vous étiez un grand sec, jaune et chauve, que vous me faisiez l'effet d'avoir la quarantaine sonnée, que vous desserviez la commune depuis deux ans, que vous étiez un brave homme, que je vous aimais beaucoup, et que je vous croyais né en France. Rien de plus, rien de moins. Elle a paru satisfaite de mes renseignements. D'abord cette ciéalure-là a toujours l'air d'être contente de tout. Ah ! je vous réponds que vous allez avoir une fière paroissienne. Seulement je vous conseille de veiller sur votre vertu^ mon cher

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