PREMIÈRE PARTIE. &i
chant inattendu et de rendre à l'inconnu le bienfait de sa douce surprise fit éclater sur les lèvres de la comtesse l'hymne magnifique que récelait sa mémoire.
Cependant la corde ^ soulevée d'une mainimprudente , s'éloignait peu à peu , en déroulant ses replis, du piquet autour duquel elle n'était plus fixée. Absorbée dans son inspiration , la jeune femme ne remarqua pas d'abord que le bateau changeait de place. Mais, quand elle eut fini de chanter, elle s'aperçut , avec une surprise mêlée de frayeur, que le courant, aidé du vent qui augmentait sans cesse, l'emportait rapidement vers le milieu de la baie , du côté de la pleine mer. Son premier mouvement fut de ^lutter. Elle prit les deux avirons couchés dans le fond de la barque, et, les plaçant chacun sur un bord, elle essaya de ramer ; mais ses mains inhabiles trompèrent ses efforts, et elle ne réussit qu'à faire tourner ia barque, tantôt dans un sens et tantôt dans un autre, sans la faire changer
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die route. Les llols, elapolant sounloment ooiïtrë ses flancs, la poussaient, la roulaient afvec violence devant eux. Le vent commençait à fouetter leur écume au visage de la comtesse : elle était déjà en proie a une vive terreur, quand un éclair, glissant pour la premièrie fois sur les ténèbres de l'horizon, lui montra le danger plus grand et plus imminent encore qu'elle ne le croyait. La barque, entraînée par son travers, s'avançait vers une roche aiguë, autour de laquelle la mer tournoyait en se brisant avec fureur. En ce moment la pauvre femme entendit retentir de nouveau le cha«it du jeune homme : elle poussa d'abord un cri pour l'appeler à son aide, puis bientôt aptes un second, qu'elle crut le dernier* La barque venait de chavirer en heurtant la roche. Par bonheur, la comtesse, en tombant, s'était accrochée au bord. Grâce à cet appui , elle se soutint quelque temps à la surface de l'eau ; mais bientôt ses membres délicats, vaincus par la terreur et la