‹ MarcelChapitre 32 sur 155 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

fatigue, ne purent plus résister à Tassant grandissant des lames, et, forcée de lâcher le bois protecteur , la malheureuse se sentit engloutir.

Cependant Marcel, atteignant la barque renversée , en avait fait le tour à la nage. Ne voyant , n'entendant personne , il ne savait plus de quel côté se diriger , quand il crut apercevoir quelque chose s'agitant au milieu des vagues. Il s'élança aussitôt ;de ce côté , et trouva Griffon qui luttait contre le courjint, tenant dans* sa gueule le bas d^une robe dont le haut disparaissait dans l'eau. Il saisit aussitôt la comtesse, dont il ramena la tête à la surface. Puis^ confiant à Griffon un bras pour lequel il lui fit quitter la robe, et, ^*emparant de l'autre, il se mit à nager vers le rivage. Au bout de quelques minutés, malgré les vagues et le courant, il réussit à aborder avec celle qu'il venait de sauver. auji; ouki^h

fi > Caria comtesse n*êtait qu'évanouie. Après de vaines tentatives pour la ranimer, il prit

le parti de la transporter dans un endroit où elle pût recevoir des secours efficaces ; et, l'enlevant dans ses bras, il prit le chemin de la Maison - Fleurie , dont il n'était pas loin. Il gravit avec ardeur les pentes escarpées de la colline, plus fier encore qu'accablé de son fardeau. Plusieurs fois l'émotion, jointe à la fatigue, le força de s'arrêter. Il s'asseyait alors sur une pierre , posait doucement sur ses genoux le beau corps inanimé de la jeune femme , appuyait sa tête contre son épaule, et, à la fois tremblant, attendri, enivré, cherchait à la ranimer sous ses chastes attouchements , tandis que Griffon léchait ses mains pendantes. Puis, faisant un nouvel effort, il se remettait en route. Au bout d'un quart d'heure, il arriva à la Maison-Fleurie, épuisé et haletant. Sans pouvoir dire une parole, il entra dans le salon où madame Hubert et Eugénie l'attendaient avec inquiétude, et déposa la comtesse sur le canapé.

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