PREMIÈRE PARTIE
— Mon Dieu! s'écria madame Hubert, qu'y a-t-il, Marcel?
Marcel était tombé tout pâle sur un fauteuil, et ne put répondre un mot. Eugénie, en voyant son cousin entrer moitié nu, tenant dans ses bras une femme qui semblait morte, avait été saisie d'un tremblement nerveux. Mais , quoique aussi pâle que son cousin et aussi agitée que sa mère, elle avait eu la force de retenir le cri de terreur prêt à s'échapper de sa poitrine. Elle alla, aussi vite que le permit la faiblesse de ses jambes, vers le canapé, et, mettant la main sur le cœur de la noyée :
— Elle vit encore ! s'écria-t-elle avec un accent de triomphe. Vite! transportons-la dans ma chambre , et mettons-la dans mon lit. Allons , ma mère, vous par ici , moi par là. Marcel est trop fatigué pour nous aider. D'ailleurs , il en a déjà assez fait, le pauvre garçon.
Les deux femmes prirent , en effet , la comtesse, l'une par les pieds, l'autre par
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les épaules , la portèrent dans là chambre d'Eugénie, et, après l'avoir dépouillée de ses vêtements mouillés, la mirent au lit. Les domestiques se levèrent pour donner leur part de soins. Marcel lui-même, revenu âê son accablement, éiaît aile s'asseoir dans uni coin de la chambre, et ne quittait pas du regard le visage de îa malade, dont la blanche pâleur, rehaussée par Tombre de ses cheveux humides, semblait iinir le calme de la mort à la beauté de la vie. De légers soupirs commencèrent bientôt a soulever sa poitrine. Puis ses mains s'agitèrent, et sa tête essaya sur l'oreiller d'imperceptibles balancements. Enfin elle ouvrit les yeux , qu'elle referma aussitôt avec un mouvement d'effroi. Elle ne tarda pas à les rouvrir, et promena lentement autour d'acné un regard étonné. Tout le monde s'était à iâ fois approché , dans un silence plein d'émotions. Elle contempla longtemps ces deux femmes qui veillaient à son chevet, comme deux arlges près du berceau d'un