‹ MarcelChapitre 34 sur 155 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

enfaïit endormi. Elle semblait se croire le jouet d'un rêve. Tout à coup, par un brusque mfoirvement qu'elle fit comme pour secoiiër sa vision, elle aperçut, à la tête du lit, Marcel, qui, penché sur elle^ suivait d'un œil avide les progrès de sa résurrection. Après l'avoir fixement regardé pendant quelques instants, elle lui jeta brusquement ses bras autour du cou , et. serrant sa tête sur sa poitrine , elle se mit à fondre en larmes. A la vue de ce jeune homme moitié nu, dont les cheveux ruisselaient encore, elle avait retrouvé sa mémoire et deviné la vérité. Confondant dans un même élan le souvenir de ses dangers et le sentiment de son salut, elle pleurait à la fois de terreur , de joie et de reconnaissance.

On eut beaucoup de peine à la calmer.

Quand son accès fut passé, madame Hubert, qui en redoutait un second, pour elle d'abord, ensuite pour Marcel , dont l'agitation était visible:, ordonna à celui-ci d'aller

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prendre un repos qui lui était si nécessaire. Il obéit à regret, et, laissant dans la chambre de la malade Eugénie et sa mère, qui devaient la veiller tour à tour, il se retira à pas lents dans la sienne.

ni.

Pendant trois jours, la comtesse fut en proie à une fièvre ardente. Cependant le médecin , qu'on avait envoyé chercher en toute hâte à Saint- Servan , déclara qu'elle n'était pas en danger, et qu'un peu de soins joint à beaucoup de repos suffirait à la rétablir complètement. Il recommanda surtout de ne la contrarier en rien ; on devait éviter soigneusement d'irriter son imagination trop vivement impressionnée; en la laissant se calmer, on la guérissait tout naturellement, l'ir

Ces prescriptions furent religieusement

suivies. Madame Hubert et sa fille se succédèrent sans relâche au chevet de la malade et ne la perdirent pas un instant de vue. La marquise de Terray vint tous les jours, après avoir toutefois vaqué consciencieusement aux soins de sa toilette et de son déjeuner, passe? quelques heures auprès de sa nièce. A l'heure du dîner, malgré les instances de madame Hubert, elle retournait au Domaine ^ sous prétexte que la délicatesse de sa santé la forçait à suivre un régime ; mais , en réalité , parce qu'elle préférait de beaucoup à la modeste cuisine de la Maison-Fleurie les plats friands qpe la femme d^e chambre avait ordre de Ymï apprêter.

Marcel ne quittait guère non plus la chambre de la malade ; il exerçait sur elle une influence mystérieuse et bienfaisante . Une sorte d'intuition magnétique avertissait la comtesse de son absence. Aussitôt qu'il était sorti , elle tombait dans le délire. — ^Sauvez-moi ! sauvez-moi ! s'écriait-elle avec

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