PREMIÈRE PARTIE
Le lendemain matin, la convalescente se leva, et, appuyée sur le commandant et sur madame Hubert , alla s'asseoir dans le jardin. Les deux jeunes gens la suivirent, l'un par intérêt, l'autre par politesse. Une invincible antipathie éloignait Eugénie de la comtesse , vers laquelle un penchant irrésistible attirait Marcel , sans qu'aucun des deux en eût pu dire la cause.
La conversation roula naturellement sur la maladie de la comtesse et sur l'événement qui l'avait amenée. Elle se fît alors raconter la manière dont elle avait été sauvée. Le commandant épargna ce soin à la modestie de Marcel.
— Ah! monsieur, dit la jeune femme avec un accent pénétré, un pareil service ne peut se payer ni par des actions ni par des paroles. Tout ce qu'on peut faire, c'est de ne jamais l'oublier.
— Bah ! bah ! fit le commandant d'un air goguenard, vous l'avez déjà bien assez récompensé.
1^ ^ARCEL.
'ir^ — Comment cela? demanda-t -elle d'un air étonné, ne 3e rappelant rie^p de ce qui s'était passé. ;^ w^f.ff < -
m-])Iais personne ne répondit : Marcel, rouge jçqmïTie le feu, tenait ses yeux baissés vers J^ .tqrre ; .Eugénie , légèrement pâle, regar- 4^ J>î^çel, e^ madame Hubert faisait en y^injdes signes au commandant^ qui feignait de ne pas les comprendre et riait dans sa barbe de l'embiarras général. fJ^y^ j.j
Heureusement l'arrivée de Griffon vint y f;giire diversion; le digne ^imal, qui, connaissait ,ses privilèges, entra en bondissant <da^s le cercle foroié pgir la petite assemblée , et se mit à jouer avec tout ^e monde, ^iphant les mains de l'un, mettant sa tète sur les genoux ;de l'autre , bien reçu partout. La .çpmtesse^ qui savait le service qu'il lui avait jf^ndu, ^le fut pas la dernière à lui faire fête; elle se montra même si caressante ^que Gi iiïon, perdant toute retenue, mit ses ;dpHx,gi osses pattes sur ses épaules en poussant un aboiement formidable.