‹ MarcelChapitre 38 sur 155 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Le commandant avait regardé les dames s'éloigner sans rien dire ; mais, quand elles furent rentrées au salon :

— Pardieu ! s'écria-t-il, ce sont de drôles de créatures que les femmes! Qu'en dis-tu, Marcel?

Celui-ci était resté immobile à la même place, regardant d'un air distrait les gambades que Griffon exécutait devant lui. Il leva la tête à l'interpellation du vieux militaire, et le regarda avec étonnement.

— Ah! ah! dit M. Jacquin, tu ne comprends pas? Un jour, tu comprendras, et tu en verras bien d'autres. — Veux- tu venir faire un tour à cheval avec moi?

— Je veux bien, répondit machinalement Marcel.

Les deux amis se dirigèrent ensemble vers le Domaine , pour y prendre dos chevaux. Ils firent une promenade de deux heures , pendant laquelle ils n'échangèrent pas dix paroles. Marcel paraissait absorbé , et \o commandant respecta sa préoccupation •

8t MAHCKL.

En rentrant au Domaine, ils y trouvèrent la comtesse , à qui le déjeuner avait rendu ses forces et sa gaieté. Marcel lut surpris et presque affligé d'apprendre qu elle n'habiterait plus la Maison -Fleurie. Il s'était, en quatre jours, habitué à la regarder comme faisant partie de la famille, et il lui sembla que son absence allait y laisser un vide.

— Déjà! s'écria-t-il ; vous nous quittez déjà !

— Il le fallait bien, répoiidit-elle. Maintenant que me voilà tout à fait guérie, je n'avais plus de droits à l'hospitalité de la Maison- Fleurie, et j'aurais, en y restant plus longtemps , abusé des bontés de votre excellente famille.

— Et puis, dit le commandant, il est juste que le Domaine ait son tour. Il faut de la justice, que diable î et je ne vois pas de quel droit ce blanc-bec voudrait vous accaparer.

— Je vous remercie, repartit gaiement la comtesse, de l'importance que vous voulez bien attacher à ma présence, mon cher mon-

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