PREMIÈRE PARTIE
sienr Jacquin. Mais, comme je «e veiixpoint faire de jaloux , je vais aujourd'hui même m'établir chez moi. Les ouvriers que j'avais fait demander à Rennes sont arrivés dès le lendemain, madame de Terray vient de me l'apprendre, et m'ont en trois jours organisé une espèce de tente , qui ne vaudra pas à coup sûr votre caserne, commandant . mais où je pourrai néanmoins camper assez supportablement. A la campagne comme à la guerre. Et en avant! qui m'aime me soive, ou plutôt iu'accompagne : car je ne sois pas encore bien vaillante.
— Quel petit soldat! Tudieu! je n'aurais pas été fâché d'en avoir quelques-uns comme ça dans ma compagnie, au temps où j'étais capitaine.
— C'est bien le moins que j'aie un peu des vertus militaires , moi fille et femme d'officier.
— Vous êtes mariée? fit Marcel avec un étonnement chagrin.
— né ! sans doute. Ne m'avez-vous pas entendu appeler madame?
— C'est vrai Mais je n'avais pas réfléchi.....
Il s'arrêta au milieu de sa phrase , ne sachant comment la terminer sans dire une sottise.
— Ces jeunes gens sont étonnants, dit en riant M. Jacquin ; ils ne peuvent jamais comprendre que les femmes aient des maris ou des amants. Tu aurais voulu que madame l'attendît, n'est-ce pas, morveux?
Marcel ne répondit pas. Il était en proie à un malaise où le dépit se mêlait à l'embarras. La comtesse vint à son secours en donnant le signal du départ.
— Attendez au moins que je fasse mettre les chevaux à la voiture, dit M. Jacquin.
— C'est inutile. La mer est haute, nous arriverons plus vite en bateau.
— En bateau ! Vous oserez y retourner?
— Pourquoi pas? Je sais que je ne me noierai pas avec... avec vous, messieurs,