‹ MarcelChapitre 40 sur 155 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

dit-elle en achevant sa phrase autrement qu'elle ne l'avait d'abord pensé.

Le commandant ne fut pas dupe de cette fausse manœuvre.

— Eh! eh! répondit-il, ne vous y fiez pas. En cas de naufrage, je ne vaudrais pas Griffon, à moins pourtant que Tespoir de la même récompense ne me donnât les mêmes forces.

Tout en causant, on s'avança vers la baie. Marcel , à qui les dernières paroles de la comtesse avaient rendu toute sa bonne humeur, paya vaillamment de sa personne et fit voler le bateau vers l'autre rive. En arrivant, il vira de bord, de manière à rapprocher le plus possible du bord l'arrière où étaient assis M. Jacquin et les deux dames. Malheureusement la mer avait déjà un peu baissé , et le bateau resta séparé de la terre ferme par quelques pieds de vase. Le commandant sauta assez allègrement par-dessus; mais madame de Terray, qui le suivait, n'osa imiter son exemple, et,

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après avoir regardé en vain de ions côtés, finit par s'écrier qu'il lui serait iiiip*ossibie de descendre, si l'on ne venait à son secours. Le commandajit s'empressa d'oiïrir sa main; re.ais la yieille marquise ne se contenta pas de si peu.

— Si je ne craignais d'être indiscrète, dit-elle avec son sourire le plus confit, je vous prierais, commandant, de vouloir bien me porter.

La proposition n'était pas des pli:s séduisantes; mais M. Jacquin, voyant qu^il n'y avait pas à reculer, prit son parti en brave.

— Comment donc, madame ! — lît-ii d'un air extrêmement flatté,— avec ie plus grand plaisir.

Passant de la parole au fait, il posa délicatement le pied droit à la surface de la vase , en se campant sur la jambe gauche qui n'avait pas quitté la terre ferme. Celte attitude héroïque avait pour objet de n'enfoncer que le ^loins possible. Elle eut le résultat contraire. Madame de Terray se

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