‹ MarcelChapitre 4 sur 155 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

ment des individus qui occupaient le presbytère et les deux maisons de la rive gauche . Quant au château , échu par héritage à un grand seigneur qui ne venait jamais dans le pays , il n'avait pas été habité depuis bien des années.

Le cottage, que, dans leur langage pittoresque, les paysans appelaient la Maison- Fleurie, appartenait à une veuve nommée madame Hubert.

Fille cadette d'un riche négociant de Saint-Malo , elle s'était mariée en même temps que sa sœur aînée. L'une avait épousé un avocat déjà célèbre au barreau de Paris; l'autre un capitaine de marine marchande. Elles furent mères en même temps , et passèrent, chacune de son côté, plusieurs années dans un bonheur à peu près sans mélange. La mort de leur père vint assombrir leur destinée, jusque-là si riante, et commença pour toutes deux un long enchaînement de malheurs. Le capitaine Dugué, à la suite de plusieurs voyages désastreux, périt

dans un naufrage, laissant sa femme et son fils exposés à toutes les horreurs de la misère. La malheureuse veuve ne put snp[)orter ce coup terrible. Épuisée par ie chagrin, elle s'éteignit rapidement, après avoir confié Marcel k sa sœur. Celle ci promit de servir de mère à l'orpheHn. En effet, elle réleva avec sa fille Eugénie et comme elle, leur faisant à chacun une part égale de soins et de tendresse.

La fortune recompensa mal son dévouement, et la soumit bientôt elle même aux plus terribles épreuves. Son mari étaitdevenu joueur. Plaintes, remontrances, prières, rien ne put l'arrachera son délire. Après des chances diverses, il fi.nit par se ruiner complètement. Avec son talent et sa répula- , tion, il aurait encore pu se relever et réparer tous ses torts. Mais égaré , comme il arrive souvent en pareille circonstance, par le désespoir, il se fit sauter la cervelle d'un coup de pistolet.

La douleur de madame Hubert fut im-

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