‹ MarcelChapitre 61 sur 155 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

des bagatelles, il s'amusait sous cape du spectacle de ce qu'il appelait une amourette, et gardait à Marcel l'inviolable discrétion que l'on se doit entre militaires.

Celui-ci croyait bien parfois entendre une voix intérieure lui dire qu'il faisait mal. D'où lui venait cette agitation continuelle, si toutes ses actions étaient irréprochables? et pourquoi sentait-il le besoin de se cacher, s'il ne méritait aucun blâme? En effet, il inventait mille prétextes pour colorer ses nombreuses visites au château ; il employait mille ruses pour dissimuler ses rencontres avec la comtesse; il abusait de la complicité, à ses yeux involontaire, du commandant, pour justifier ses perpétuelles absences. Tantôt c'était le besoin de compléter son herbier ou d'enrichir sa collection d'insectes qui le conduisait dans le bois ou dans la prairie où il avait le pressentiment , toujours justifié par d'inexplicables hasards, de trouver Agathe; tantôt il entreprenait avec M. Jacquin une promenade à deux qui finissait bien

souvent par être tiile promenade h trois ; tantôt la politesse lui faisait un devoir d'aller s'informer des nouvelles de madame de Terray, qu'on n'avait pas vue la veille, ou reporter à madame de Ëarjols une ombrelle ou Un mouchoir qu*elle avait, dans une visite, oublie par mégarde. La plupart dû tempe cëè oublis étaient forcés , vu que lé jeune homme avait caché lui-même dails quelque recoin invisible l'objet égaré, qilé du reste on ne cherchait guère, et qu'on ne réclamait jamais au moment du départ.

Mais ses scrupules ne l'empêchaient pas de s'abandonner à son penchant pour Agathe. D'abord il rie trouvait pas le temps de faire des examens de conscience bien frécfùents ni bien longs; ensuite, quand il se demandait là cause de sa dissimulation et de son embarras vis-à-vis des siens, ne' pouvant pas apprécier la gravité de ses actions,* il se répondait simplement que ce devait être la honte de négliger ses travaux accoù-

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