PREMIÈRE PARTIE. J|5S
chèvres qui serpentait au milieu des rochers. Elle monta quelque temps avec une ardeur que ne ralentissait ni la fatigue ni lapreté du chemin ; puis elle s'arrêta tout à coup d'un air effrayé. Une troupe de goélands, effarouchée de son approche, venait de sortir à grand bruit d'une espèce de caverne aérienne placée au-dessus de sa tête, et s'envolait vers la mer en poussant des cris sauvages.
■—Mon fusil ! Ivon, mon fusil ! dit vivement le commandant, que j'abatte quelques-uns de ces criards. Leur duvet fait d'excellents édredons.
Le Breton se hâta lentement d'obéir, à la manière de son pays, et apporta solennellement le fusil demandé.
— Il est, parbleu ! bien temps, fit M. Jacquin avec humeur; c'est tout au plus, maintenant, s'ils sont à portée de canon. Mais, cela peut se réparer, ajouta-t-il d'un ton radouci ; j'irai leur dire deux mots après
Uh MARCEL.
la pêche , et awssi après le (l(*jeimer, s'entend.
Voilà comme quoi le digne homme descendit en un instant des hauteurs de l'admiration aux pensées les plus vulgaires.
Tout le monde imita peu à peu son exemple, et on ne s'occupa plus que de mettre les filets en ëtat. A la vue de ces préparatifs , Agathe, toujours avide de nouveaux amusements, revint en courant, au risque de se casser le cou.
Tout fut bientôt prêt. On s'avança vers la mer, qui commençait à remonter. C'était le bon moment. Marcel et Ivon, tenant chacun un des palans, entrèrent ensemble dans l'eau et marchèrent jusqu'à ce qu'ils en eussent aux épaules. Alors, Marcel se mit à la nage, traînant son palan après lui, et décrivit un vaste demi -cercle. Revenu à la hauteur d'Ivon, mais à une assez grande distance, il reprit terre. Tous deux alors, sur un signe, se remirent à marcher, mais cette fois vers le bord. Tout le monde gar-