‹ MarcelChapitre 74 sur 155 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

un mouvement bien exécuté; on dirait une manœuvre par bataillons. Mais, Dieu merci ! nous ne sommes pas des conscrits; nous finirons bien par les joindre à portée de fusil , et alors gare !

Il se remit à la poursuite de l'ennemi , traînant toujours sa victime à sa suite. Après avoir fait quatre cents pas environ :

— A présent, dit-il, courbons-nous et avançons lentement; une trentaine de pas comme cela , et nous les tenons.

Peine inutile ! vaine espérance ! Les vigilants oiseaux ne se laissèrent pas plus approcher cette fois que la première et détalèrent de plus belle.

— Le diable m'emporte ! s'écria le vieux militaire avec un commencement d'humeur, on dirait qu'ils le font exprès.

Après une pause d'un instant, pendant laquelle il sembla profondément réfléchir, il reprit brusquement :

— Quel vent?

— Est quart nord-est , commandant.

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— C'est donc cela. Je disais aussi : il y il quelque chose là-dessous. C'est cette gueuse de brise qui leur porte l'odeur de ma poudre. On ne le croirait pas : eh bien ! ces brigands d'oiseaux, qui n'ont pas de nez, ont Todorat plus fin que les chiens de chasse. Mais il y a une chose bien simple à faire pour les dépister : nous allons les tourner; Une fois qiie nous serons sous le vent à eux, il h'y aura plus à se gêner, et nous pourrons avancer sur eux, là tête levée et les mains dans nos poches.

La proposition flatta médiocrement Marcel, qui chercha à Tesquiver.

— Il me semble, mon cher commandant, lui dit-il d'un air d'intérêt, que c'est vous exposer à bien de la fatigue ; il fait une terrible chaleur.

— Depuis quand le soleil te fait-il peur, s'il te plaît?

— Ce que j'en dis, ce n'est pas pour moi, c'est pour vous.

— Pour moi ? laisse-moi donc tranquille

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