‹ MarcelChapitre 79 sur 155 · PREMIÈRE PARTIE. m · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. m

quelles souffrances, mais aussi queUes joies! Le cœur va tour à tour des abîmei^ les plus perdus aux plus sublimes sommets, et passe sans transition de l'horreur des ^ténèbres aux éblouissements de la lumière ! Mais peu à peu le verre se décompose, s'atténue ej finit par tomber en poussière. L'homme; s'accoutume à regarder la vie à l'œil nu, et rit des petites réalités qu'il prenait pour d^ grands fantômes. La science a remplacé l'imagination. Adieu les folles terreurs, adieu les désespoirs insensés; mais, hélas! adieu aussi ces immenses jouissance^ qqi puisaient leur grandeur dans leur absurdité même. Le calme est venu, mais le bonheur s'en est allé. rH ûf-/ -p

Marcel croyait avoir commis un crime énorme , et ne savait plus que devenir. Comment reparaître devant ces deux femmes, qui avaient été, l'une victime, l'autre témoin de son attentat? Comment soutenir leurs paroles ou leur silence, leur blâme ou leur mépris? Et sa mère, si elle apprenait

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son infime conduite, ne lui donnerait-elle pas sa malédiction? Le pauvre enfant errait au hasard , s'adressant ces terribles questions , en proie au remords , à la honte , à la douleur. Un instant il eut l'idée d'aller se précipiter , la tête la première , du haut de la falaise.

•^ Mais la boîte de Pandore , éternellement ouverte, ne se vide jamais. Marcel gardait une espérance au fond de son malheur : peut-être Eugénie n'avait-elle rien vu; peutêtre Agathe n'avait -elle rien senti. Cela était peu probable, il est vrai ; mais enfin ce n'était pas tout à fait impossible. Il resta cependant bien long-temps incertain de ce qu'il devait faire, et ce ne fut qu'après bien des hésitations, après bien des marches et des contre-marches , qu'il se décida à retourner au lieu du rendez-vous général.

Il y trouva tout le monde rassemblé et l'attendant.

'^'•^ Allons donc, Marcel! lui cria le commandant du plus loin qu'il Taperçut, allons!

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