‹ MarcelChapitre 84 sur 155 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

VOUS étiez exagéré les dangers et les malheurs de votre situation. Il eût sans doute mieux valu que les choses se passassent autrement; mais il n'y a rien de perdu. Marcel a cédé 5 comme tout jeune homme l'eût fait à sa place, à Tentraînement passager de la nouveauté; mais il a l'esprit trop juste pour ne pas reconnaître bientôt les inconvénients de son étourderie, et le cœur trop bon pour payer d'ingratitude une affection comme la vôtre. Soyez tranquille, mon enfant, il vous reviendra bientôt. ,, mnàeuui i

— Dieu vous entende et vous récompense, mon père ! mais rappelez-vous-le bien : quelque mal que me fasse l'indifférence de Marcel, je ne veux le voir revenir à moi que de son plein gré; et, si vous m'aimez, vous vous garderez de faire aucune violence à ses sentiments., ^^yj^j^^ i^^iâul ^h hi. i

— Je comprends, j'honore les scrupules de votre tendresse, mon enfant, et je m'y conformerai. J'espère du reste ne pas y avoir grand'peine. Marcel fera de lui-même

ce retour sur son cœur, et je n'aurai pas à m^eti mêler.

— En tout cas, promettez-moi que vous»

ne lui parlerez pas de mon chagrin. Je ne veux pas qu'il sache que je me suis seulement doutée de quelque chose. f ^a li

Le prêtre hésita: il avait donné à la jeune fille plus d'espérance qu'il n'en gardait luimême. Il était décidé à ramener Marcel à ce qu'il regardait comme son devoir, et il ne voulait pas, en s'engageant au secret, se priver d'un puissant moyen d'action.

—Tout ce que je puis vous promettre, mon enfant, reprit-il après un instant de silence, c'est de ne jamais lui apprendre, de ne jamais lui laisser soupçonner que vous m'ayez rien dit. Ne m'en demandez pas davantage.

Eugénie connaissait à la fois la prudence et la fermeté de l'abbé Pascal. Elle savait également qu'il userait avec tous les ménagements possibles, et au dernier moment seu* lement, de la confidence qu'elle venait de lui faire, et qu'elle ne réussirait pas à le faire

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