‹ MarcelChapitre 87 sur 155 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

vite brisées, confus et penaud, comme saint Pierre, vous me renierez...

-Oh!

— Laissez -moi donc achever : que vous demanderez l'absolution pour le péché de m'a voir fréquentée, et que, pour mériter ladite absolution, vous promettrez de faire pénitence et de renoncer pour jamais à madame de Barjols^ à ses œuvres et à ses pompes. Eh bien ! qu'en dites-vous maintenant? Tenez- vous tous mes paris?

Mais Marcel ne répondit pas. Profondément blessé des doutes de la comtesse sur la force et sur la constance de son affection, il avait rougi et pâli tour à tour. En ce moment , de grosses larmes , qu'il cherchait en vain à retenir^ coulaient lentement le long de ses joues. La comtesse fut vivement touchée de ce silencieux témoignage d'un amour qu'elle voulait éprouver.

— Eh bien î dit-elle en passant sa main sur les yeux du jeune homme , voulez-vous

bien ne pas pleurer? ne voyez-vous pas que c'est une plaisanterie? Je ne me la serais certainement pas permise, si j*avais su vous faire de la peine. Je ne voulais que m'assu" rer de la solidité de votre amitié. Je n'en doute plus. Notre vie à tous est trop heureuse, n'est-ce pas? pour que nous la laissions troubler. Afin d'éviter toute espèce d'atteinte à notre tranquillité, à notre bonheur mutuels, je ne vous demande qu'une chose. Jurez-moi que, quoique l'on puisse vous dire de moi, vous me le redirez exactement, et que vous ne me jugerez qu'après m'avoir entendue.

— Je vous le jure, dit Marcel, et, de plus, je vous jure que jamais rien ne pourra diminuer l'affection que je vous porte, et que je mourrai en vous aimant.

— Merci, répondit-elle d'une voix émue, en lui jetant un regard plein de tendresse; et elle lui tendit sa main, qu'il couvrit de baisers.

— - Allons! dit-elle en la retirant au bout

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