DEUXIÈME PARTIE. SU
La comtesse ne répondit pas et se mit à écouter le sermon.
Le tîuré avait pris pour texte ce verset des littmies de la Vierge : Ave , Maria purissima. Il raconta en termes simples toute l'histoire de la mère du Sauveur, en ayant soin cependant d'en faire plus vivement ressortir quelques traits éclatants, comme la Visitation de l'archange Gabriel, la naissance de Dieu, devenu son fils, la glorieuse assomption qui l'avait seule , entre toutes les créatures humaines, soustraite à l'horreur du tombeau. Il rappela le culte partout rendu à sa mémoire, l'universelle adoration dont il était l'objet, et les grâces accordées par le Seigneur à sa toute- puissante intercession.
Arrivé à ce point de son discours, il s'arrêta un instant, comme pour se recueillir.
— Il ne parle pas mal, dit madame de Terray à l'oreille d'Agathe; mais il n'y a rien d'extraordinaire, et ce n'est a coup sûr pas un orateur.
Le curé reprit d'une voix basse et qui semblait émue :
— Et savez- vous, mes frères, savez- vous pourquoi la vierge Marie a mérité et obtenu cette félicité éternelle, cette gloire sans bornes dont elle jouit dans le ciel, et ces honneurs divins qu'on lui rend sur la terre ? C'est par sa pureté. Elle est devenue la pro~ tectrice des hommes , la reine des [anges , la mère de Dieu, parce qu'elle était trèspure. Elle a été choisie entre toutes les femmes et élevée au-dessus de toutes les femmes, parce qu'elle possédait à un degré suprême la suprême vertu des femmes.
Ayez sans cesse sous les yeux ce magnifique exemple, et rappelez-vous cette leçon qui vous est donnée par Dieu même. En voyant combien cette vertu lui est agréable, jugez combien le vice contraire lui est odieux ; à la façon dont il récompense Tune, imaginez comment il doit punir l'autre. Il y a des gens, de ceux qui ont toujours de belles paroles pour couvrir les vilaines cho-