DEUXIÈME PARTIE
ses j qui appellent le péché d'impureté le doux péché. Je le veux bien. Mais les suites sont-elles douces? Quelle compensation ! Un moment de plaisir , — une éternité de peines !
La voix du prêtre s'était peu à peu élevée, et son œil s'animait en même temps que son geste. Ses dernières paroles, prononcées avec une action véhémente, firent courir dans l'assemblée un frisson de terreur. Il continua d'un air radouci, mais non moins pénétré :
— Il semble même, mes frères, que Dieu ait voulu faire à propos de cette^ vertu et de ce vice une exception éclatante. Souvent il lui plaît de remettre à l'autre vie la récompense des bonnes actions et la punition des mauvaises; souvent, dans la mystérieuse profondeur de ses desseins, il laisse les bons souffrir ici-bas et les méchants triompher. Vous avez vu bien des fois les plus honnêtes gens être les plus malheureux; bien des fois, avec un triste et pieux étonneinent , vous
3<l4 MARCEL.
ayez vu prospérer l'honinie fourbe ou violent, l'impie et le parjure ; et vous avez porté a regret d'abondantes moisson» dans les greniers de celui qui refusait au mendiant l'aU'mône d'un morceau de pain. Mais il n'<m est pas de même pour cette grande vertiv, pour ce grand devoir de la pureté. La récompense semble partout attachée a la pratique, et la punition à l'oubli. Je vous le demande, quelle femme échappe à cette loi ? La femme chaste est l'ornement de la; maison, le trésor de la famille, la joie du père, l'opgneil: du mari, Tadmiration de rétranger. La confiance l'accompagne , l'amour et le respect la suivent. Son nom est partout cité en exemple. La femme licencieuse, au, coiw-l traire, est la honte de tous les siens, la honte de son père, de sa mère, de son mari, la honte de ses enfants; toutes les port^ se ferment devant elle; tous les visages^se détournent à son approche^: ses complices même la repoussent et la raii^lent après la