DEUXIEME PARTIE
crase, il n'est déjà plus temps. Il y a une blessure mortelle.
Les naïfs et rudes enfants de la Bretagne sont toujours prêts à pousser la religion jusqu'au fanatisme. En ce moment, un geste du curé eût été une condamnation; et il n'eût pu signaler une coupable sans désigner une victime. La comtesse et sa tante le sentirent et n'osèrent pas échanger un mot, tant le silence autour d'elles était solennel et terrible. Mais le prêtre se contenta de passer sa main sur son front, comme pour en chasser une pensée sinistre; et il poursuivit son discours avec calme :
— Si je parle surtout des femmes, mes frères, c'est quelles ont à la fois plus de raison pour faire le bien et plus de puissance polir faire le mal. La chasteté est le plus grand de leurs devoirs , comme la plus belle de leurs gloires; car leurs faiblesses sont contagieuses et leurs séductions irrésistibles. Mais les hommes n'en ont pas moins à veiller sur eux-mêmes pour se défendre de
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tontes les tentations, intérieures ou extérienres. Chacun a dans ce monde sa part t!e responsabilité* Croyez-vous, par exem- [4e 5 qu'il ne soit pas coupable, celui quibrise, en se jetant dans le tumulte des passions, les liens sacrés de la Ikmille ; celui qui, dans sa fougue à poursuivre un plaisir défendu, foule aux pieds tous les droits des aifections légitimes ; celui enfin qui, en aimant une étrangère, ne craindra pas de dé-soler sa mère, ou sa femme, ou sa fianeée? Sif mes frères, il est coupable, aussi coupa^ ble peut-être que celle dont il n'aura pas stï' éviter les pièges, dont il n'aura pas voulw repousser la funeste influence.
En entendant ces sévères paroles, Marcel' fut saisi d'une vague épouvante, et se demanda un instant si ce n'était pas pour M
qu'elles étaientprononcées. Mais il se dit aussitôt que le curé, arrivé de la veille, ne pouvait rien savoir de ce qui s'était passé en son? absence ; puis, au moyen d'un de ces sophismes qui ne manquent pas aiix consciences