‹ MarcelChapitre 98 sur 155 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

troublées , il se persuada qu'il n*avait rien ou pas grand'chose à se reprocher, puisqu'il n'était marié ni fiancé à personne , et qu'il n'avait jusqu'alors causé aucun chagrin à sa mère. Il se remit tout a fait de sa frayeur en entendant la fin du sermon.

— Maintenant, reprit le curé, que je vous ai montré les dangers, que je vous ai fait sentir l'horreur de ce vice, laissez-moi, mes frères, laissez votre pasteur se féliciter et vous féliciter de ne l'avoir jamais rencontré parmi vous. Et j'espère, comme je le désire, ne jamais l'y vwr apparaître. Vous avez le bonheur de vivre éloignés de la cor^ ruption des villes, et nul souffle malfaisant ne vient troubler la pureté de l'air que vous respirez. Vos cœurs partagent le calme de vos champs. Ici rien ne vous dérobe la vue du ciel. Au sein de la nature, on se sent plus près de Dieu, et l'on vit sous son regard. Le travail aussi, qui vous semble quelquefois une misère, et qui est un perpétuel bienfait, le travail vous arrache au péril

des tentations, en ne vous laissant pas le temps des mauvaises pensées. Remerciez donc la Providence qui vous a donné le moyen de pratiquer facilement cette belle vertu de la chasteté. Persévérez dans votre paix et dans votre innocence ; et, si jamais vous vous sentiez attirés par un penchant coupable , pour vous donner le courage d'y résister, pensez à toutes les récompenses que Dieu prodigue à ceux qui marchent dans le droit chemin, à tous les châtiments dont il frappe ceux qui s'égarent volontairement. De la sorte, vous assurerez votre bonheur dans ce monde et dans l'autre. Ainsi soit-il !.,,ii ,

^,ij^Le curé descendit de laj^chaire, et reprit le chemin de l'autel.

f.fi — C'est égal, dit la marquise, tu avais raison, ma chère belle, la guerre est déclî^rée.

• — Vous verrez comment je la soutiendrai, répondit la comtesse.

I, . La messe finit sans autre incident.

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