SCENE IL MARIE, OLIVIER
OLIVIER
Marie! ah! partage ma joie, Mes transports.
42 MARCEL
MARIE
Que dis-tu? près de moi qui t'envoie?
C'en est fait , de la paix le jour enfin a lui ; X.a justice l'emporte, et ton père aujourd'hui D'un pardon généreux acceptant l'indulgence, Rend son cœur aux Valois , et son Lras à la France. Il rompt avec l'Anglais dont il était l'espoir, Et donne à tous les siens l'exemple du devoir.
MARIE
Grand Dieu! dont la sagesse en ce moment l'éclaîre, Tu devais à mes vœux le salut de mon père.
OLIVIER
Au sein de son palais que n'as-tu comme moi Vu ce prince adoré , si digne d'être roi , De ses ressentimens faisant le sacrifice , Aux chefs des conjurés tendre une main propice; De leurs longues erreurs absoudre ses sujets, Gagner des repentirs à force de bienfaits! Ah! nous devons bénir cette grande journée ; Tout est changé pour nous , d'un heureux hyméuée Nous verrons s'allumer les célestes flambeaux. Ton père et moi , rangés sous les mêmes drapeaux , Nous servirons ensemble et Valois et la France. A ses fils abattus nous rendrons l'espérance, Et prouverons sans peine à tous leurs ennemis Qu'on n'en triomphe point tant qu'ils restent unis.
MARIE
Hélas ! je n'ose encor partager ton ivresse.
OLIVIER
Juste ciel! quel malheur menace ma tendresse! Craindrais-tu que l'absence éloignant son retour Dans le cœur d'Olivier n'eût affaibli l'amour, Et qu'aimé de Marie on pût être parjure!