‹ Marcel, tragédie en cinq actesChapitre 31 sur 50 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

A ma fidélité ferais-tu celte injure?

Non, tu me connais trop pour clouter de ma foi! Le passé, le présent, tout te répond de moi : Mais si l'éloignement n'a rien pu sur ma llamme , Ài-je aussi conservé tous mes droits sur ton âme? De l'hymen qui devait charmer notre avenir , Peut-être as-tu chassé l'importun souvenir? Ah! qu'ai-je dit? pardonne un soupçon qui t'offense. MARIE.

Va, je laisse à ton cœur le soin de ma défense; Rappelle-toi ce jour où comhlant ton espoir, Mes parens de t'aimer me firent un devoir; Ai-je à tes veux caché mon innocente joie? Et quand notre famille à la discorde en proie, D'un orage nouveau menaçant nos destins, Rendit notre avenir et nos nœuds incertains, De ma douleur, ingrat, t'ai-je fait un mystère? Tremhlante pour tes jours , craignant pour ceux d'un Devant le dieu du ciel humiliant mes vœux, [père, Ici même à l'instant je priais pour tous deux; Sans mon père , sans toi , que m'importe la vie !

OLIVIER

Ah! que dans les tourmens elle me soit ravie, Si ma bouche indiscrète et prompte à t'outrager Laisse échapper un mot qui te puisse affliger; Mais qu'au moins à l'espoir ton âme s'abandonne , De retour en ces lieux, Valois règne et pardonne.

Page 1