‹ Marchands de folieChapitre 3 sur 17 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Paris et des départements, auberges de toutes sortes, depuis les bouges de la misère jusqu^aux salons de la noce dorée. Npus avons adressé aux Bourses du Travail un questionnaire sur Valcool et ses ravages. Les réponses se ressemblent. Que boit'On de préférence dans votre région ? L'absinthe, répondent Lyon et Marseille; Vabsinthe, le tafia, le rhum, répond Saint-Nazaire; Vabsinthe, la mirabelle, dit Nancy; Vabsinthe, le marc, dit Saint-Etienne.

Nous avons suivi le buveur, du cabaret au cabanon inclusivement, en marquant chaque étape de la route. Nous publions ici le récit de ces promenades, et de cette enquête nous tirons cette conclusion :

L'alcoolisme est un produit de Vorganisation sociale; Vouvrier boit surtout parce qu'il est surmené, anémié, écrasé par les besognes pénibles. A Béziers, écrit le secrétaire de la Bourse du Travail, les charretiers de vin boivent beaucoup parce que leur journée de labeur dure de 12, 14^, 16 ou même 18 heures et qu'on leur distribue force boisson. A Rochefort, les corporations les plus éprou^ vées sont celles des docks et du bâtiment, à cause des faibles gains qui ne permettent pas aux hommes de s'alimenter suffisamment. Il y a des alcooliques, écrit le secrétaire-adjoint de l'Union des Syndicats, à Nancy, dans les professions où les travaux sont rudes, mal payés, où l'on fait des journées minimum de 12 heures. Il y en a aussi chez les verriers. Ils disent que la poussière et la

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