‹ Marchands de folieChapitre 4 sur 17 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

chaleur des fours les incitent à boire; aucun n'est syndiqué. »

Il serait absurde de dire que Valcoolisme est une maladie spéciale à la classe ouvrière. Il sévit dans toutes les classes; on s'en convainc en visitant le cabaret de luxe, en voyant à la caserne ces réservistes, souvent petits bourgeois, refuser comme non potable le café servi dans les cantines lorsqu'il n'est pas additionné d'une forte rasade d'eaU'de-vie.

Le syndicalisme combat Valcool par des réunions, des groupements, des journaux. Sa propagande est efficace. Mais le mal est si grand qu'elle est insuffisante. Pour guérir le pays, il faudrait que le législateur osât frapper la liqueur de droits exorbitants, limiter le nombre des débits, prohiber l'absinthe, supprimer le privilège des bouilleurs; il faudrait qu'il opposât au poison l'antidote hygiène, et cela, par l'éducation sportive des jeunes gens, par l'édification de maisons salubres, par l'utilisation de grands espaces aux jeux de plein air. C'est une tâche immense et difficile qui lui incombe : mais le résultat vaut mille fois l'effort. Car la campagne autant que la ville est la proie du fléau, et certains départements agricoles, comme la Sarthe, figurent maintenant en rang de choix sur la carte alcoolique et criminelle de la France. Les mesures de salut qui sont urgentes, le législateur aura-t-il le pouvoir de les édicter ? Voudra-t-il ? Hélas !

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